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Été 1954, quelque part sur une route de campagne du Québec.
Les champs sont dorés, l’air est sec, et la journée semble s’étirer sans fin.

Ils se sont arrêtés « juste deux minutes ».
Le temps de prendre une photo. Le temps de marquer le moment.

Cinq hommes.
Frères, cousins… et un ami qui est là depuis si longtemps qu’on ne fait plus la différence.

Celui à gauche tient encore le bâton avec lequel ils mesuraient les bottes de foin, comme s’il refusait de quitter le travail tout à fait. À côté, ça sourit franchement — lui, c’est celui qui raconte les meilleures histoires, celles qu’on répète encore des années plus tard.

Au centre, un peu plus droit, un peu plus fier, il y a celui qui vient d’annoncer qu’il partira en ville à l’automne. Personne ne l’a contredit, mais depuis, quelque chose flotte entre eux.

Les deux autres regardent l’objectif sans trop savoir quoi faire de leurs mains. L’un ajuste sa veste, l’autre garde son appareil comme un prétexte — comme s’il préférait être derrière la caméra plutôt que figé dedans.

Ils ne le savent pas encore, mais cette photo-là…
c’est la dernière où ils sont tous réunis de cette façon.

Après, la vie va s’en mêler.
Le travail, les départs, les familles, les silences.

Mais aujourd’hui, sous ce soleil trop fort, ils sont encore cinq.
Ensemble.

 

Acrylique sur toile standard

6"x 12"

Cinq hommes debout

C$0.00Price
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